Les brouches ou sorcières
Elles
sont à l'origine de nombreux actes de la vie
quotidienne que l'on ne peut pas toujours expliquer,
mais est-ce bien nécessaire de tout expliquer
?
Les
brouches vivaient sur les broucas, les landes des parties
communes, et elles avaient la réputation d'être
capables de s'envoler la nuit sur un balai, fait justement
avec la bruyère des landes, et semer ainsi leur
mauvais esprit un peu partout. Toutes les brouches se
réunissaient régulièrement pour
faire grand Sabbat sur la lane de boc, la lande
de bouc, l'immense "lande du milieu", "Lanne
mezan"...
Et
les femmes que l'on appelaient sorcières
ne démentaient pas cette version car elles connaissaient,
entre autres potions magiques, la fameuse pommade
des sorcières...
Il
s'agissaient d'une pommade à base de plusieurs
plantes exotiques, soigneusement mélangées
à d'autres plantes servant de contre poison,
le tout était bien entendu savamment dosé
et enduit sur les parties du corps où la peau
est la plus mince. Puis tandis que le corps de la sorcière
était endormi, son esprit, lui, battait la campagne
et s'envolait vers d'extraordinaires hallucinations
dont elle gardait, à son réveil un souvenir
précis. Elle-m^me croyait dur comme fer, être
partie, la nuit durant, vers des régions fabuleuses
et lointaines et n'être revenue dans son lit qu'au
chant du coq.
Mais
au fil des siècles, cette recette s'est perdue
dans la nuit des temps...
"
Il y avait une brouche à laborde, elle habitait
dans la montagne, à l'extérieur du village.
Les gens allaient la voir, discrètement....ils
lui demandaient des chosses...en échange, ils
laissaient un saucisson, des légumes, des oeufs...enfin,
elle était bien nourrie, va !" témoigne
une vieille dame de Laborde. Malgré ses 90 ans,
elle se souvient encore de nombreuses choses...
"
Comme cette histoire de mon mari. Il devait aller travailler
comme maçon avec un jeune apprenti sur la commune
d'Escots. Et là-bas à Escots se sont ceux
qui y croient le plus aux brouches...Et bien cet apprenti,
il sortait toujours avec une capuche quand il venait
travailler, et ce jour là, il avait une capuche
dont l'intérieur était rouge. Pour faire
une blague aux habitants d'Escots, juste avant d'arriver
au village, il a mit sa capuche à l'envers...la
peur qu'ils ont eu là-bas....ils se signaient
tous sur son passage, puis ils ont voulu le chasser
du village...Heureusement que mon mari était
là, sinon il n'aurait pas peu continuer d'y travailler..."
Dans
les petits actes de la vie quotidienne :
Il
fallait toujours prendre garde que les brouches ne pénètrent
pas dans la maison, apportant soucis et infamies. C'est
ainsi que, quand on voulait avoir un chat, il fallait
au préalable lui faire toucher du nez le crochet
de la crémaillère. En effet, ce crochet
ainsi que la crémaillère étant
bénis par Monsieur le Curé quand la maison
est achevée, en le touchant, le chat est lui
aussi sous la protection du seigneur. Les sorcières
ne pourront donc pas lui prendre son âme dans
le but d'entrer insidieusement dans la maison.
De
même, quand on venait de tirer le lait, il fallait
aussitôt déposer sur le dessus un grain
de sel. les brouches n'aimant pas le sel, elles ne pénétraient
pas dedans pour le faire tourner.
Les
pommes de terre, ce légume arrivé à
la fin du XVIIIème siècle fut salvateur
pour plusieurs raisons : d'abord il a permit d'éviter
d'autres famines, car il se conserve trés bien,
mais surtout, les brouches n'aimant pas du tout cela,
il suffisait d'en avoir une en permanence dans la poche
pour être protégé des sorcières...
Les trésors
Il
semblerait que dans les Baronnies de nombreux trésors
se soient perdus...normal, vu même avec une carte
beaucoup de gens s'y perdent, imaginez un trésor...
Et
si le pays était si pauvre, c'était probablement
à cause de tous ces trésors qui devaient
lui revenir et que l'on a pas pu retrouver.
Cette
attirance pour un trésor caché a toujours
existée partout, mais si elle est si prisée
dans les Baronnies, peut-être est-ce parce que
le pays était particulièrement pauvre
; on fantasme toujours sur ce qui nous paraît
le plus inaccessible !
Les croyances s'appuyant sur des particularités
naturelles
Le
sentier d'interprétation de la Gourgue d'Asque
(voir rubrique balades) mène à l'Oueil
de l'Arros. Si l'on fait la traduction de la langue
pyrénéenne, on s'appercevra que oueil
signifie oeil. Alors pourquoi donner le nom de Oueil
à une source, comme pour la source de l'Arros,
par exemple ?
Tout
simplement parce qu'une source est une petite ouverture
de la Terre qui, comme un judas sur une porte peut permettre
à un ancêtre de "jeter un coup d'oeil"
sur le travail effectué par les hommes...on dit
alors d'une source qu'elle est l'oeil des morts...
Le légendaire des Seigneurs
Il
était une fois, trois petites baronnies ayant
chacune à leur tête un baron. Il y avait
le baron d'Esparros, le baron de Lomné et le
baron d'Asté.
Chacune
de ces baronnies avaient un territoire bien marqué,
connu et respecté de toutes et tous, les barons
y veillaient... En général, la limite
d'un territoire est une frontière appartenant
seulement à deux baronnies distinctes. Mais il
se trouve qu'un point bien particulier marquait la frontière
des trois baronnies à la fois. Un tel point ne
peut qu'être caractéristique, en effet,
il s'agit de l'énorme rocher qui surplombe l'oueil
de l'Arros. On dit donc qu'en cet endroit, les trois
barons se réunissaient afin de parlementer sur
les différents qui opposaient parfois leurs gens.
Ils pouvaient ainsi discutailler d'égal à
égal, puisque chacun était sur son propre
territoire... C'est ce qui permit de nombreux arrangements
quant aux frontières des baronnies...
Histoires vraies ?
Quand
on perd un mouton ...
Au
début du XXème siècle, lorsqu'on
emmenait les moutons pâturer sur les parties communes,
on les surveillaient un peu, c'est normal, ils ne devaient
pas venir brouter les champs des villageois...mais si
on les surveillait, on n'était pas non plus derrière
eux tout le temps. Si bien que la petite bergère
perdit un jour un de ses moutons. Elle le chercha partout,
et le chercha avec d'autant plus d'acharnement qu'elle
l'entendait bêler. A la fin, elle finit par se
rendre compte que son mouton était tombé
dans un trou assez profond et qu'il ne pouvait ressortir
tout seul. Elle s'en alla donc chercher de l'aide, et
l'on sorti le mouton de ce gouffre, dont le premier
trou semblait suivi d'autres canalisations...
A
cette époque là, on craignait de descendre
sous terre, et la découverte de l'entrée
d'un gouffre leur suffisait largement, on préférait
en laisser l'exploration à ceux qui en faisaient
"leur métier"...
Et
bientôt....Norbert Casteret découvrit le
gouffre d'Esparros....!
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